Durant Know Your Enemy, Armstrong a invité un fan, qui a eu le moment de sa vie, chantant aux côtés du leader pour ensuite prendre son élan et sauter dans la foule, qui l’a tenu à bout de bras. Le chanteur a également sorti le fleurdelisé, modifié le refrain de Murder City pour en faire «Quebec City», glissé un «Quebec City is better than Montreal» dans Give me Novacaine, sorti un boyau pour arroser les spectateurs, en plus de manier deux fusils : l’un pour lancer du papier hygiénique, l’autre pour distribuer des t-shirts. Ajoutez à cela qu’il a régulièrement fait monter des admirateurs sur les planches et qu’il a même donné sa guitare à une fan qui s’est bien débrouillée au micro et vous comprendrez que c’était tout un party, hier.
Et le show?
Ce serait toutefois réducteur de parler simplement d’un gros party à saveur punk rock. Car parallèlement à tous ces efforts pour installer et faire perdurer la fête, il y avait un show. Et tout un. Armstrong, Mike Dirnt (basse) et Tré Cool (batterie) étaient en effet en pleine possession de leurs moyens, faisant la part belle aux titres de leurs deux opéras punk rock, American Idiot et 21st Century Breakdown. On a eu d’excellentes interprétations des East Jesus Nowhere, 21 Guns, ou encore, en rappel, de Homecoming, le tout rehaussé d’éclairages recherchés et d’effets pyrotechniques. Mais ce qui était peut-être le plus intéressant, c’était d’apprécier les deux facettes de Green Day : le côté plus sérieux et appliqué se doublait d’un autre, spontané et déjanté. Le trio, augmenté de Jason White (guitares), de Jason Freese (claviers) et de Jeff Matika (guitares) se permettait régulièrement de fouiller dans son vieux répertoire, ressortant parfois avec de légers trous de mémoire de compositions des premiers albums ou se permettant des reprises telles Stand By Me et Satisfaction. Cette spontanéité a donné lieu à de très bons moments, quoiqu’en fin de programme, quelques longueurs se soient immiscées, à force de cabotinage.
Pour vous donner une idée de la générosité de ce marathon punk rock, deux heures trente de musique avaient été servies avant les rappels! «Je crois que c’est ce soir qu’on a joué le plus de chansons de toute la tournée», a confié Armstrong. Et il restait encore de gros canons, comme American Idiot ou When September Ends. Mais surtout, il y avait encore du carburant dans la machine Green Day et de l’attention au sein du public. À preuve, Armstrong a livré une Whatsername seul à la six cordes acoustique, bien en voix, où la foule était tout ouïe. Pas de doute, on a passé du très bon temps.
Énergique AFI
La formation AFI s’est chargée de chauffer l’Agora, tôt en soirée. Conquérir le public quand vous êtes coincés sur scène devant le matériel d’un autre groupe et quand il fait clair n’est pas chose aisée, mais le quatuor américain s’est assez bien tiré d’affaire. Les gars, qui ont lancé Crash Love l’an dernier, se sont faits énergiques et ont proposé un show sans temps mort, avec un clin d’oeil à la formation pour laquelle ils ouvraient. Honnête, en dépit de quelques fausses notes au chant.
Source: cyberpresse.ca
(Québec) Ça faisait longtemps, très longtemps qu’on avait vu l’Agora aussi remplie et aussi survoltée qu’hier. Visiblement, ça prenait Billie Joe Armstrong et ses complices de Green Day pour donner un électrochoc à l’amphithéâtre extérieur avec une performance aussi généreuse que vitaminée.